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Rapport sur la fracture numérique

mercredi 4 novembre 2020, par la Maison du Libre

État des lieux et préconisations sur Nantes Métropole

Le rapport ci-dessous fait suite à un travail de présentation d’un lieu de collecte en amont du recyclage, projet alors à l’époque non retenu par Nantes Métropole en 2017.

Ce rapport a été étoffé pour y inclure toute une approche autour de la fracture numérique de juin à septembre 2020.

Le 24 septembre 2020, une présentation de ce rapport a été faîte au local de PiNG [1]. Lors de cette présentation à divers acteurs du milieu, des notes ont été ajoutées.

Sans avoir la prétention d’être complet et d’aborder tous les aspects d’un problématique très large à forte variable selon les territoires, ce rapport nous apporte une vision locale et identifie des manques (parfois locaux, parfois nationaux).

La version ci-dessous est modifiable, pour cela, merci de commenter en dessous de l’article afin de compléter cette approche.

Certains aspects abordés sont nationaux et d’autres locaux. Il est possible d’adapter ce rapport à votre réalité de terrain en vous réappropriant les données de celui-ci (en citant les auteurs d’origine).

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Ce document est sous licence « GNU Free documentation 1.3 », hormis les dessins, ceux-ci n’étant pas la production de Nâga.

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Cette démarche est effectuée dans un souci de transparence, de réutilisations et de modifications de données pouvant être sujettes à débat.

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Terre
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Europe
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France
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Nantes
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Logo ordinateur
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Logo réutilisation
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Logo revalorisation
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Avant propos

Licences Libres

Ce document qui aborde les divers aspects de la fracture numérique sur Nantes Métropole est sous Licences Libres.
Celles-ci permettent une ré-écriture pour des personnes qui auraient des visions différentes ou / et complémentaires ou encore un travail collaboratif.

Biais cognitifs

Quelques soient les méthodologies utilisées, elles orientent les points de vue.
Par exemple, une analyse de cycle de vie, même bien faite, sur l’impact Carbone (impact atmosphérique) a tendance à invisibiliser les autres impacts tels que sociaux ou encore eutrophisation, nitrification, l’utilisation des matières premières.… Bref, ce qui va concerner l’impact sur les terres, les rivières, les mers…
Cela peut être conscient ou non, cela peut être dû à une déformation culturelle ou temporelle, ou encore un autre un biais cognitif...
Chaque partie aura donc une courte introduction résumant les méthodologies utilisées et comment elles orientent, de façon conscientisée, le regard.
Un biais connu est celui de l’auteur premier (Moi même, Ben LARCHER), qui travaille dans le reconditionnement au sein de l’association Nâga (https://www.naga44.org/) et donc focalise plus sur cet aspect matériel, environnemental et social. Des contacts avec des partenaires, ainsi qu’une première présentation de ce document à des acteurs concernés par le sujet auront pour but d’étoffer d’autres aspects.

Variabilité

Une analyse sur des aspects sociaux ou scientifiques doit être mise à jour pour avoir une certaine pertinence dans le temps. En effet, les valeurs et usages sont fluctuants, les structures et fonctionnement changent dans le temps.

Adaptation

Une réutilisation peut être effective pour un autre territoire en adaptant ce document.

La fracture numérique

La fracture numérique est une notion calquée sur celle de fracture sociale. [2]

La fracture numérique décrit les inégalités dans l’accès aux technologies de l’information et de la communication (TIC), leurs utilisations et leurs impacts. [3]
Deux niveaux de fracture numérique sont admis à minima :

  • l’accès (fracture de premier degré) ;
  • l’usage (fracture de second degré).

Cependant, il semble plus complet d’intégrer également l’impact socio-environnemental à part entière, que cela soit pour intégrer une vision ESS [4], d’économie circulaire, d’analyse de cycle de vie, d’agenda 21... En effet, cet impact n’est pas forcément visible dans l’accès ou l’usage.

L’accès au TIC

Volontairement dans ce rapport, ne seront abordés que l’accès à l’ordinateur et à internet sur le territoire de Nantes Métropole.
L’accès au TIC comporte divers aspects :

  • économique ;
  • géographique (pour internet en l’occurrence) ;
  • sociologique (culturel, âge, sexisme, handicap…) ;
  • psychologique (technophobes…)
  • ...

L’usage des TIC

Si l’accès au TIC peut être compliqué, pour les divers aspects énoncés ci-dessus, l’usage l’est encore plus, au moins d’un point de vue local.
En effet, une fois le matériel acquis, de nombreuses personnes doivent être accompagnées avec des spécificités diverses (handicaps, maîtrise de la lecture, âges, sexes, nomadisme, migrants, technophobes, grands débutants…)

L’aspect socio-environnemental

Nous nous efforcerons d’intégrer les aspects socio-environnementaux dans les trois parties que nous aborderons, même si une partie à part entière aurait également du sens. Les trois parties seront :

  • L’accès à l’ordinateur ;
  • L’accès à internet ;
  • L’accès à l’accompagnement.

Faut il réduire la fracture numérique ?

Cette question qui fait office d’avocat du diable n’est pas sans pertinence.
Des recherches sur la fracture numérique considèrent qu’internet a en général des effets positifs et en concluent que la fracture numérique doit être réduite pour atténuer les inégalités sociales [5].
Cependant internet peut renforcer les inégalités socio-culturelles existantes quand bien même les fractures numériques de premier et second degré seraient réduites. En effet, les désinformations, les arnaques, les communautés en ligne parfois fermées sur internet ayant des attitudes discriminantes envers les néophytes [6] ou envers toutes autres communautés, le fait de passer « trop de temps » sur l’écran…, font que la réduction de la fracture numérique peut également renforcer une fracture sociale. Pour contrer ces aspects, l’éducation aux médias est primordiale.
On peut également penser à certaines personnes ne veulent pas d’équipements et ont une vie sociale très épanouie. Dans leurs cas, la réduction de la fracture numérique suite à un passage au « tout numérique » est mal vécu et peut facilement créer une fracture sociale, là où il n’y en avait pas.
Le suréquipement peut facilement poser des problématiques de rapport à autrui, ainsi que d’un point de vue de consommation de ressources premières. En effet, le taux de recyclage des NTIC est très loin d’atteindre les 100 % et les matières premières vont manquer au court du 21ième siècle.
La couverture totale du territoire avec internet pose également plusieurs questions. Il y a des interrogation sur l’effet sur l’écosystème entre autre.
Pour certains types d’handicaps, l’ordinateur peut être une barrière supplémentaire. Selon l’adaptation ergonomique d’un poste, cela peut également être source de problème de santé (Troubles musculo-squelettiques, diminution de la vision...).
Enfin, il y a les risques de dérives autoritaires et de trafic d’influence avec la surveillance de masse, qui malheureusement n’est plus hypothétique depuis longtemps [7].
Si la fracture numérique semble bien, localement et dans l’ensemble, réduire la fracture sociale, les deux sont loin d’être interdépendants et il y a des risques réels et forts de déviance si nous ne faisons pas attention à une mise en place rigoureuse, mais flexible. Rigoureuse par les aspects à éviter ou à documenter qui sont déjà connus, flexible par l’introduction des aspects qui ne sont pas encore identifiés.

Les fausses bonnes idées

Lorsque l’on parle de fracture numérique et de problématique à venir, on entend souvent les mêmes arguments contrecarrant cette « soi-disant problématique ». Parlons-en ici.

Des équipements pour tous !

Être tous équipé n‘est pas forcément une bonne idée pour chaque appareil. Si l’on prend le cas de l’imprimante à cartouche, très utilisée par les citoyens, son usage est très coûteux (Votre encre d’imprimante coûte plus cher que du Chanel n°5 [8]), sans parler de l’encre qui sèche en cas d’utilisation trop peu fréquente… Pour la plupart des personnes, en particulier, pour celles ayant des faibles ressources, imprimer dans des lieux autres que le domicile est bien moins coûteux et souvent envisageable.

Les ordinateurs quantiques

Certaines personnes pensent que les ordinateurs quantiques sont la prochaine génération d’ordinateurs est ainsi régleront plusieurs soucis avec des calculs plus rapides et un coût décroissant.
Les ordinateurs quantiques ne sont pas fait pour les mêmes besoins que ceux que nous utilisons et à l’heure actuelle de manière domestique, cela n’est pas envisagé, ni concevable techniquement. À savoir pour certains calculs utiles à l’humain, les ordinateurs quantiques sont incapables de les résoudre simplement.
Un ordinateur quantique doit être maintenu à une température située bien au-dessous de zéro Celsius (environ -273 degrés Celsius), ainsi qu’être dans un environnement essentiellement exempt de vibrations et de radiations électromagnétiques. [9] Autant dire que des données ne seraient alors plus chez les individus, mais centralisées, ce qui poserait de nombreuses questions éthiques.
Tout cela, en évitant de parler des problèmes de stabilité de la réalisation des Qubits, du phénomène de décohérence, du prix, de l’acquisition des matériaux…, qui rendent très peu probable une utilisation par les citoyens.

L’électricité quasi illimitée et gratuite

On peut entendre parfois parler du réacteur Tokamak, des possibilités du Thorium en énergie, de l’énergie solaire… Bref, de quoi faire de l’énergie pour tous à un coût très abordable ! Cependant, quand bien même, la thermodynamique nous dit que toute production d’énergie aura des déperditions et qu’en partie, ces déperditions deviennent de la chaleur. Une énergie gratuite et illimitée ne ferait qu’augmenter les déperditions thermiques et donc le réchauffement planétaire. De plus, il n’y a pas les métaux et matières premières nécessaires pour rendre l’infrastructure réaliste.
Actuellement, selon le chercheur Gerhard Fettweis, le numérique consomme 10 à 15 % de l’électricité mondiale, soit l’équivalent de 100 réacteurs nucléaires. Et cette consommation double tous les 4 ans ! On ne peut que tenter d’être plus efficient dans nos consommations (personnellement ou par des bonnes pratiques de constructions du matériel).

Des ordinateurs pour tous !

Actuellement la diminution des matières premières et leurs extractions de plus en plus chères et complexes devraient faire hautement réfléchir à cette question...

Des ordinateurs centralisés

Avoir des ordinateurs centralisés (une unité centrale pour plusieurs utilisateurs en client) est envisageable dans le futur. De plus en plus d’entreprises sont équipées de ce genre de solutions. Des questions sur l’intégrité des données décentralisées doivent alors être posées. Nos données qui nous seraient accessibles mais pas physiquement possédées, cela poserait alors des questions éthiques.

Accès à l’informatique

L’accès à l’informatique pour le plus grand nombre, tout en prenant en compte les facteurs socio-environnementaux, passent par l’économie circulaire et la priorité au reconditionnement, à la réutilisation, à la réparation, au réemploi...

Cependant, certains usages nécessite de renouveler le matériel via un achat. Nous abordons donc ce cas en première instance. Par la suite, nous considérons l’optimisation du flux de matière via sa réutilisation.

Cas de l’achat

Nous n’avions originalement pas abordé dans ce dossier, le cas de l’achat car il ne répond pas aux critères d’économie circulaire, ni à là gestion des DEEE dont traitait ce rapport.

Cependant, nous pouvons noter qu’il existe du matériel comme Arduino, qui, bien que léger en capacité, permet les usages les plus courants.
Actuellement, avec l’ajout du clavier (15 €), écran (30€ à 50 € d’occasion) et la souris (5 à 10 €), cela représente une alternative à moindre coût qu’un ordinateur neuf, mais pas forcément à son équivalent reconditionné sur Nantes Métropole, fourni par Nâga ou ALIS44. L’espace peut être un avantage, bien que de nombreux ordinateurs reconditionnés soient compacts à présent.

Pour l’achat d’un ordinateur, il est bon de savoir 2 ou 3 choses.
Les ordinateurs “pro” ont une plus grande longévité. En France, les “professionnels” (institutions, entreprises…) amortissent comptablement leur matériel au bout de 5 ans (ou 3 ans pour certains). Les vendeurs qui fournissent les professionnels ont souvent une garantie associée (interventions sur matériel) qui est tout le long de cette période et n’ont aucun intérêt à ce qu’une panne se produise. Pour un particulier, 5 ans, à minima, pour un portable est déjà une « bonne » durée de vie par rapport à la moyenne de l’espérance de vie.
Quelques conseils :

  • Demander des conseils à un technicien de votre entourage ou au travail. Un vendeur s’y connaît rarement en technique et essaye surtout de vendre l’ordinateur le plus cher (pour avoir une plus grosse commission), pas le plus adapté à vos besoins ni à votre porte-monnaie.
  • L’ordinateur doit répondre à vos besoins. Pour des besoins basiques (traitement de texte, lecture de vidéos, streaming, musique, navigation internet, tableur…), à peu près tous les ordinateurs du commerce font l’affaire (sous Linux). Attention : Cela ne veut pas dire qu’ils tiennent tous dans la durée !
  • Il n’y a pas de bonnes marques, chaque marque à une gamme pro et une gamme particulier, une entrée de gamme (souvent obsolète rapidement) ou une gamme plus élevée. Par exemple, pour les pro nous avons, Probook pour HP, Thinkpad pour Lenovo…
  • L’ordinateur doit permettre une maintenance rapide. Pour les portables, ce qui suit est encore plus important. Des ouvertures rapides et avec un minimum de vis à l’arrière doivent permettre un accès rapide aux composants principaux (disque dur, ram et batterie surtout, mais aussi en option, pile, processeur et carte wifi). Cela permet en cas de pépins d’être plus facilement réparables. Beaucoup de modèles extra plats et très design actuellement ne remplissent pas du tout ces critères.

Considérations méthodologiques

D’un point de vue méthodologique, nous verrons tout d’abord les intentions politiques du global au local. Cela permet une vision d’ensemble politique de la problématique et ses implications ou intentions locales selon la célèbre formule, « penser global et d’agir local », que l’on affilie au développement durable [10].
Par la suite, nous abordons un schéma de procédé et son application concrète en diagramme de flux du reconditionnement informatique.
Le schéma de procédé est conçu comme une analyse de cycle de vie mais uniquement sur le traitement de la fin de vie du produit informatique. Nous ne voyons pas les autres aspects, car malheureusement, nous n’avons pas de possibilité d’agir sur ceux-ci actuellement sans faire changer les modes d’actions des entreprises (extraction, la fabrication, le transport…) Les limites de ce système sont abordées en annexe 2.
La partie diagramme de flux à pour but de montrer les possibilités d’économie circulaire [11] par la génération de circuits fermés, circuits courts ou diminutions d’impacts, ceci à travers la priorisation de traitements. L’intérêt majeur est qu’il s’agit d’une économie circulaire appliquée uniquement à une fin de vie et non productrice dans son intention de base. En effet, la production est responsable de près de 80 % des gaz à effet de serre émis tout au long de la vie d’un ordinateur. [12]
Nous nous penchons sur les acteurs par la suite, afin de corréler cela avec le diagramme de flux.
Nous abordons par la suite les phénomènes bloquants, les leviers et les besoins liés.
Puis nous faisons une proposition avec une vision systémique pour être en adéquation avec une économie circulaire, une diminution des déchets, un traitement local, une approche sociale, la création d’emploi… Cette proposition inclut un aspect visuel, économique et de gestion.
Nous n’abordons que peu l’aspect marchand qui a un impact socio-environnemental catastrophique, celui-ci étant fluctuant et jugé comme moins pertinent dans le cadre de ce rapport.
À noter que cette partie est la réutilisation d’un rapport présenté par l’association Nâga en 2017 à Nantes Métropole.

Résumé de l’accès à l’informatique

De l’échelle mondiale à l’échelle locale, on s’accorde sur l’importance de la gestion des déchets et la fin de vie des NTIC [13] inquiète particulièrement. La priorité est donnée à la réutilisation, puis à la valorisation et enfin au recyclage.
Le but de ce rapport est d’analyser le flux des EEE [14]/DEEE [15] informatiques, afin de déduire les préconisations pour une gestion optimisée environnementalement, socialement et économiquement.
Après examen des textes législatifs, nous transposons les diverses recommandations sur un diagramme de flux.
Puis, en fonction des acteurs présents sur le territoire, nous répertorions les contraintes existantes, afin de déterminer les leviers nécessaires pour lever ces barrières.
Ceci met en évidence la nécessité d’une infrastructure dédiée au traitement des EEE/DEEE informatiques.
Cette centralisation réduit le coût de traitement, de même qu’elle permet une réduction notable de la quantité produite de DEEE ultimes. Une structure de ce type simplifie la gestion pour les reconditionneurs et les valoristes, aux niveaux de la récupération, du traitement et du stockage.
La mise en place d’une économie plus circulaire, valorisant les emplois sur le territoire ne peut se faire sans appuis des politiques locales.
En effet, les déchetteries et les lieux dédiés au recyclage bénéficient d’infrastructures et de financement. Le réemploi informatique, qui est pourtant prioritaire aux autres traitements et est moins coûteux, ne dispose pas de ces moyens…

Remarques :

  • D’un point de vue législatif, la valorisation citée ci-dessus correspond à une valorisation énergétique. Un lexique lié aux déchets en annexe 1 répertorie par ailleurs plusieurs illogismes et mots polysémiques.
  • Bien que non détaillées dans ce document, l’extraction des matières premières, la production et la mise au rebut des EEE est abordée en annexe 2.

Textes législatifs et intentions

Mondial

« Les êtres humains sont au centre des préoccupations relatives au développement durable. Ils ont droit à une vie saine et productive en harmonie avec la nature. » « Pour parvenir à un développement durable, la protection de l’environnement doit faire partie intégrante du processus de développement et ne peut être considérée isolément. » [16]

Européen

« Il y a lieu en général de considérer la réutilisation et la valorisation des matériaux comme préférables lorsqu’elles représentent les meilleures solutions sur le plan de l’environnement. » [17]
« Il y a lieu de donner la priorité, le cas échéant, à la préparation en vue du réemploi des DEEE et de leurs composants. » [18]

France

« Préférence donnée au réemploi des équipements et à la réutilisation des pièces, puis au recyclage, et enfin à la valorisation » [19]
« Jusqu’au 31 décembre 2015, le traitement des déchets d’équipements électriques et électroniques permet d’atteindre les objectifs de valorisation, de recyclage et de réutilisation suivants : 75 % (…) et à partir du 1er janvier 2016 et jusqu’au 31 décembre 2018 : 80 % » [20]

Local

Localement, des métropoles, communautés de communes et villes intègrent cette réflexion dans leurs gestions de déchets avec diverses approches : Agenda 21, plan de réduction des déchets…
À Nantes Métropole, une réflexion sur l’économie circulaire vient enrichir ces approches à travers une volonté d’intégration des acteurs locaux.

Schémas de principe

Le schéma de principe théorique est assez simple en terme de priorisation des méthodes de traitement. De haut en bas, se trouvent ordonnés les principes les moins impactants d’un point de vue environnemental.

Le diagramme de flux de la page suivante, basé sur ce schéma, montre une caractéristique inhérente à l’économie circulaire : la création d’un maximum de boucles fermées.

À ceci s’ajoutent la priorisation des symbioses industrielles et des gestions en circuit-courts viables, incluant une approche environnementale et sociale.

Le nombre important d’étapes et de contraintes est par ailleurs ce qui justifie ce projet, car aucune structure ne peux dédier de l’espace, du temps et des finances pour permettre cette approche globale, même à plusieurs.

Nous verrons par la suite comment une gestion intégrée peut rendre cela viable pour tous avec une approche gagnant/gagnant.

Diagramme de flux

Acteurs

Cette liste, non exhaustive, donne un aperçu du grand nombre d’acteurs présents localement. Elle ne prend en compte que l’aspect matériel.

Reconditionneurs de première main

Reconditionneurs de deuxième main

Bricoleurs, DIY [21]

Valoristes

Recycleurs

Partenaires

ACIAH

L’association ACIAH (Accessibilité, Communication, Information, Accompagnement du Handicap ) fournit des ordinateurs aux personnes ayant une déficience visuelle de type malvoyant ou non-voyants et les accompagne à l’utilisation. Une bonne adresse pour donner des ordinateurs sans écrans. (Sur Châteaubriant)
https://aciah-formations-informatiques-pour-tous.fr

Alis 44

L’association ALIS 44, située dans le quartier nantais de la Bottière, récupère des ordinateurs sur Nantes Métropole, les reconditionne sous Linux Xubuntu (Xalis) et logiciels libres, puis les redistribue aux personnes à faibles ressources et aux associations.
http://alis44.org/

Alis 44110

ALIS 44110 récupère des ordinateurs, les reconditionne sous Linux et logiciels libres, puis les redistribue. (Sur Châteaubriant)
http://alis44110.solidarite-locale.fr/

APO33

Apo33 représente les formes émergentes de création et d’expérimentation artistiques et culturelles liées aux arts sonores et multimédia.
http://apo33.org/

Asri éducation

L’ASRI (Action Solidaire de Revalorisation Informatique en milieu scolaire et/ou éducatif) est une association loi 1901. Son activité bénévole consiste à mettre à disposition du matériel informatique reconditionné sous Linux avec un OS et une suite logicielle adaptés aux besoins pédagogiques attendus par l’éducation nationale.
http://asri.edu.free.fr/

Les écossolies

L’association travaille à rapprocher entreprises, porteurs de projets, organisations et citoyens. Elle cherche à favoriser l’interconnaissance, la coopération, la mutualisation de ressources et de moyens, pour se développer plus vite et mieux, ensemble autour de l’ESS1.
https://ecossolies.fr/

Eco-systèmes

Depuis le 15 novembre 2006, ECO-SYSTÈMES assure la mise en place sur le territoire français d’un dispositif national pour collecter, dépolluer et recycler les déchets d’équipements électriques et électroniques en fin de vie (DEEE).
https://www.ecosystem.eco/

Emmaüs

EMMAÜS propose des ordinateurs reconditionnés sous Emmabuntüs. Malheureusement par manque de bénévoles, certaines communautés n’exercent plus cette activité.
https://emmaus-france.org/

Nâga

L’association rezéenne NÂGA récupère des ordinateurs, les reconditionne avec Linux et des logiciels libres et les donne à ses adhérents, suite à une initiation. L’association propose des groupes d’entraide mutuelle tout au long de l’année sur les usages des logiciels et des licences libres.
https://www.naga44.org/

Ping

L’association PiNG explore les pratiques numériques et invite à la réappropriation des technologies. À la fois espace de ressources, d’expérimentations et atelier de fabrications numériques (Fablab), l’association développe son projet autour de la médiation, la pédagogie, l’accompagnement et la mise en réseau des acteurs.
https://www.pingbase.net/

Plateforme C

Plateforme C est un fablab, un atelier collaboratif de fabrication numérique et de prototypage rapide dans lequel il est possible de fabriquer “presque n’importe quoi”. Plateforme C est ouvert à toutes et à tous : bricoleurs, designers, curieux, artistes, développeurs, étudiants... Toute personne, quel que soit son niveau de connaissance, peut venir échanger, expérimenter, apprendre, fabriquer.
https://info.pingbase.net/lieux/

La ressourcerie de l’île

L’association la RESSOURCERIE DE L’ÎLE collecte, trie, valorise et vend des objets encore en état d’usage mais devenus inutiles pour leurs propriétaires, et invite ainsi chacun à une consommation plus responsable.
http://www.laressourceriedelile.com/

Revendeurs d’occasion

Il existe diverses entreprises de revente d’occasion plus classiques, comme l’atelier des réparations, AfB Shop, PC New life, cash express… Un aspect plus ou moins éthique peut être promeut.

Autres (Réseaux, réparateurs, DIY)

Réseau Xubécol (Distribution scolaire légère), Réseau Primtux (Distribution scolaire légère), Réseau Toutou Linux (Distribution très légère)…
Repairs Cafés et autres ateliers de réparation.
Maquettistes et autres bricoleurs
Réparateur sous forme entrepreneuriale…

Autres (Recycleurs)

SLG Recycling, FERS Brangeon, Biannic Recyclage, Valcard recycling sas…

Autres (Ferrailleur, réutilisation locale)

FLB recyclage...

Organisme des reconditionneurs au niveau national

Au niveau national, il a existé ordi 2.0, programme créé par l’état français, devenu ordi 3.0 en 2016. Ce programme était sensé représenter les intérêt des reconditionneurs. Malheureusement en 10 ans d’existence, il n’y a pas eu d’avancées et les demandes des reconditionneurs n’ont pas été entendues.
Depuis peu, le programme a été repris par une entreprise privée la World Coop Consortium. Celle-ci demande des subventions publiques régionales pour le développement de la blockchain et de l’intelligence artificielle, soit aucun rapport avec les renconditionneurs. Les reconditionneurs n’ont pas l’air non plus, d’avoir droit de parole dans cette entreprise qui s’annonce en co-construction, mais refuse d’entendre les demandes des acteurs...

Contraintes actuelles

Interactions des acteurs

Des interactions sporadiques existent déjà. Cependant, le tri nécessaire à priori pour redistribuer le matériel aux autres acteurs, en ciblant les besoins, est extrêmement chronophage.
La plupart des structures ne peuvent se le permettre, aussi bien en terme d’espace, de temps que de coût.

Précarité des structures

De nombreuses structures mentionnées dans les acteurs sont des structures précaires. Elles ne peuvent investir dans une mise en place de gestion globale optimisée.
De plus, l’arrêt de contrats aidés, souvent utilisés, au bout de 2 ans conduit à la perte de personnes compétentes et nécessite de reformer du personnel.

Espace de stockage

Une gestion optimisée demande un espace de stockage de grande taille, afin de pouvoir trier et redistribuer le matériel.

Outillage

Un outillage optimisé pour des installations, des réparations et le démantèlement ne peut pas se faire sans un espace important.

Contrainte matérielle

La mise en place de machines servant à tester le matériel, n’est pas assez développée, faute d’espace et moyens financiers.
Remarques : Une liste de problématiques détaillées et de solutions entrevues se trouve en annexe 3.

Leviers

Infrastructure

Un bâtiment de type hangar résoudrait des problématiques précitées, en créant un lieu de pré-tri pour les divers acteurs.

Investissement

Un investissement pour l’installation est nécessaire pour la mise en place de ce lieu.
Besoin

Appui politique

Un appui fort de Nantes Métropole permettrait d’obtenir un soutien financier de l’ADEME, du FSE [22].
Ceci constitue une innovation sur le territoire, reproductible et génératrice d’emplois pérennes. Ce projet allie le développement durable, économie circulaire et a une dimension sociale à travers les acteurs le composant.

Propositions "accès à l’informatique"

Proposition de reconditionnement centralisé / décentralisé

Un lieu centralisé de dépôts du matériel informatique , avec des points de collectes nous parait répondre à l’obligation légale de réutilisation avant recyclage.

Afin d’intégrer divers pratiques (y compris non existantes à ce jour), les acteurs de la prévention des DEEE doivent être partie prenante dans la gestion. En effet, ce sont ces acteurs, qui dans leurs diversités et leurs spécialisations, peuvent apporter une réponse globale.

Ce lieu centralisé pourra récolter, trier puis redistribuer aux acteurs locaux les EEE et DEEE récupérés.

Ceci en fait une action centralisée et décentralisée par sa gestion et son mode de fonctionnement.

Schéma d’implantation
1-Entrée avec quai pour camion
2-Secrétariat / Accueil
3-Stockage de matériel sur palettes
4-Installation d’unités centrales
5-Réparation et démantèlement
6-Installation sanitaire
7-Espace cuisine
8-Espace de repos
9-Stockage sur étagères

Ce schéma est théorique et ne sert qu’à déterminer les divers espaces.
Un schéma d’implantation définitif sera à faire, une fois un lieu déterminé. Celui-ci prendra en compte l’espace et un schéma de déplacement, afin de minimiser les déplacements et considérer des aspects ergonomiques.

Le besoin en surface de départ est de 100m2 à 150m2.

Aspects financiers

Dépenses
Dépenses
BesoinsMontantPonctuellesMensuellesAnnuelles
Transport Camion 20 000 € 20 000 €
Transport Camionnette 12 000 € 12 000 €
Transport Essence 100 € 100 €
Transport Prime transport salariés 150 € 150 €
Salariat Cotisations sociales 2 730 € 2 730 €
Salariat Salaires 6 330 € 6 330 €
Équipement / Outillage Transpalette 350 € 350 €
Équipement / Outillage 2 diables 150 € 150 €
Équipement / Outillage Imprimante toner 80 € 80 €
Équipement / Outillage 200 mètres câbles réseaux 200 € 200 €
Équipement / Outillage Commutateur réseau 400 € 400 €
Équipement / Outillage 6 Multiprises (15 sorties) 360 € 360 €
Équipement / Outillage Outils de vérification, démontage et réparation 1 000 € 1 000 €
Équipement / Outillage Rallonges 200 € 200 €
Équipement / Outillage Scanner 50 € 50 €
Équipement / Outillage Balance industrielle 900 € 900 €
Équipement / Outillage Douchettes 200 € 200 €
Mobilier Mobilier (bureaux, atelier…) 500 € 500 €
Mobilier 6 fauteuils ergonomiques 480 € 480 €
Mobilier Étagères 350 € 350 €
Communication Hébergement site 15 € 15 €
Communication Nom de domaine 20 € 20 €
Communication Conception du site 3 000 € 3 000 €
Communication Communication de lancement 800 € 800 €
Communication Réunion publique (journalistes) 1 000 € 1 000 €
Communication Le Bon Coin 135 € 135 €
Communication Graphisme (flocage, communication, design…) 6 000 € 6 000 €
Local Local avec quai 1 500 € 1 500 €
Local Frais liés au local 300 € 300 €
Local Installation local (travaux, électricité…) 7 000 € 7 000 €
Secrétariat Tampon 60 € 60 €
Secrétariat Déclaration de l’association 44 € 44 €
Secrétariat Matériel de bureau 150 € 150 €
Secrétariat Conception des documents 2 000 € 2 000 €
Secrétariat Application de gestion 7 000 € 7 000 €
Secrétariat Frais postaux 40 € 40 €
Secrétariat Téléphone + internet 60 € 60 €
Secrétariat Assurance 800 € 800 €
Secrétariat Frais bancaires 120 € 120 €
Sécurité Extincteurs + premiers secours + obligations d’affichage 400 € 400 €
Sécurité Équipement salariés 3 000 € 3 000 €
Divers Divers 2 000 € 2 000 €
TOTAL Frais d’installation Dépenses mensuelles Dépenses annuelles
206 934 € 69 674 € 11 360 € 940 €
Salariat
TypeNombre
Secrétariat / administration 2
Reconditionneurs 4
Nombre de contrats aidés 5

Les salariés sont à 35h par semaine.

Le reconditionnement des EEE et DEEE peut être en grande partie automatisé et nécessite assez peu de salariés sur ce poste. En revanche, il est important de développer des partenariats avec les acteurs locaux, d’augmenter les possibilités de gisements, de gérer l’administration courante… autant d’éléments qui demandent une présence humaine non automatisable. Ainsi la présence de deux personnes au secrétariat est préconisée.

Entrées
MoisAides sur salairesRevente matièreValorisationVentes pièces détachéesVentesAides au projetEntrées du mois
Mois 1 3 450 € 120 000 € 123 450 €
Mois 2 3 450 € 3 450 €
Mois 3 3 450 € 1 000 € 1 000 € 500 € 2 000 € 7 950 €
Mois 4 3 450 € 1 000 € 600 € 2 000 € 7 050 €
Mois 5 3 450 € 1 000 € 700 € 2 000 € 7 150 €
Mois 6 3 450 € 1 500 € 1 500 € 800 € 2 000 € 9 250 €
Mois 7 3 450 € 1 500 € 900 € 2 000 € 7 850 €
Mois 8 3 450 € 1 500 € 1 000 € 2 000 € 7 950 €
Mois 9 3 450 € 2 000 € 2 000 € 1 100 € 2 000 € 10 550 €
Mois 10 3 450 € 2 000 € 1 200 € 2 000 € 8 650 €
Mois 11 3 450 € 2 000 € 1 300 € 2 000 € 8 750 €
Mois 12 3 450 € 2 500 € 2 500 € 1 400 € 2 000 € 11 850 €
Mois 13 3 450 € 2 500 € 1 500 € 2 000 € 9 450 €
Mois 14 3 450 € 2 500 € 1 600 € 2 000 € 9 550 €
Mois 15 3 450 € 3 000 € 3 000 € 1 700 € 2 000 € 13 150 €
Mois 16 3 450 € 3 000 € 1 800 € 3 000 € 11 250 €
Mois 17 3 450 € 3 000 € 1 900 € 3 000 € 11 350 €
Mois 18 3 450 € 3 000 € 3 000 € 2 000 € 3 000 € 14 450 €
Mois 19 3 450 € 3 000 € 2 100 € 3 000 € 11 550 €
Mois 20 3 450 € 3 000 € 2 200 € 3 000 € 11 650 €
Mois 21 3 450 € 3 000 € 3 500 € 2 300 € 3 500 € 15 750 €
Mois 22 3 450 € 3 500 € 2 400 € 3 500 € 12 850 €
Mois 23 3 450 € 3 500 € 2 500 € 3 500 € 12 950 €
Mois 24 3 450 € 3 000 € 3 500 € 2 500 € 3 500 € 15 950 €
Mois 25 1 000 € 4 000 € 2 500 € 4 000 € 11 500 €

Pour la mise en place d’un tel système, 120 000 euros sont nécessaires au montage de ce projet.
Les apports financiers sont détaillés après le plan de trésorerie.

Plan de Trésorerie mensuelle

Lorsque cela est possible, il sera privilégié des achats au sein de structures de l’ESS ayant une démarche d’économie circulaire, comme par exemple la ressourcerie de l’île ou station service.

MOIS 1SORTIESENTRÉES
Entrées du mois 123450
Dépenses mensuelles 11360
Conception de documents 2000
Déclaration de l’association 44
Conception du site internet 3000
Nom de domaine 20
Tampon 60
Matériel de bureau 150
Application de gestion 7000
Balance industrielle 900
Extincteurs + premiers secours + obligations d’affichage 400
Transpalette 350
2 diables 150
Imprimante toner 80
200 mètres câbles réseaux 200
Commutateur réseau 400
6 Multiprises (15 sorties) 360
Outils de vérification, démontage et réparation 1000
Rallonges 200
Scanner 50
Douchettes 200
Mobilier (bureaux, atelier…) 500
6 fauteuils ergonomiques 480
Étagères 350
Installation local (travaux, électricité…) 7000
BALANCE 87196
MOIS 2 SORTIES ENTRÉES
Entrées du mois 3450
Dépenses mensuelles 11360
Équipement salariés 3000
Camionnette 12000
Communication de lancement 800
Réunion publique (journalistes) 1000
Graphisme (flocage, communication, design…) 6000
Divers 2000
BALANCE 54486
MOIS 3 SORTIES ENTRÉES
Entrées du mois 7950
Dépenses mensuelles 11360
BALANCE 51076
MOIS 4 SORTIES ENTRÉES
Entrées du mois 7050
Dépenses mensuelles 11360
BALANCE 46766
MOIS 5 SORTIES ENTRÉES
Entrées du mois 7150
Dépenses mensuelles 11360
BALANCE 42556
MOIS 6 SORTIES ENTRÉES
Entrées du mois 9250
Dépenses mensuelles 11360
BALANCE 40446
MOIS 7 SORTIES ENTRÉES
Entrées du mois 7850
Dépenses mensuelles 11360
BALANCE 36936
MOIS 8 SORTIES ENTRÉES
Entrées du mois 7950
Dépenses mensuelles 11360
BALANCE 33526
MOIS 9 SORTIES ENTRÉES
Entrées du mois 10550
Dépenses mensuelles 11360
BALANCE 32716
MOIS 10 SORTIES ENTRÉES
Entrées du mois 8650
Dépenses mensuelles 11360
Camion 20000
BALANCE 10006
MOIS 11 SORTIES ENTRÉES
Entrées du mois 8750
Dépenses mensuelles 11360
BALANCE 7396
MOIS 12 SORTIES ENTRÉES
Entrées du mois 11850
Dépenses mensuelles 11360
Assurance 800
Frais bancaires 120
BALANCE 6966
MOIS 13 SORTIES ENTRÉES
Entrées du mois 9450
Nom de domaine 20
Dépenses mensuelles 11360
BALANCE 5036
MOIS 14 SORTIES ENTRÉES
Entrées du mois 9550
Dépenses mensuelles 11360
BALANCE 3226
MOIS 15 SORTIES ENTRÉES
Entrées du mois 13150
Dépenses mensuelles 11360
BALANCE 5016
MOIS 16 SORTIES ENTRÉES
Entrées du mois 11250
Dépenses mensuelles 11360
BALANCE 4906
MOIS 17 SORTIES ENTRÉES
Entrées du mois 11350
Dépenses mensuelles 11360
BALANCE 4896
MOIS 18 SORTIES ENTRÉES
Entrées du mois 14450
Dépenses mensuelles 11360
BALANCE 7986
MOIS 19 SORTIES ENTRÉES
Entrées du mois 11550
Dépenses mensuelles 11360
BALANCE 8176
MOIS 20 SORTIES ENTRÉES
Entrées du mois 11650
Dépenses mensuelles 11360
BALANCE 8466
MOIS 21 SORTIES ENTRÉES
Entrées du mois 15750
Dépenses mensuelles 11360
BALANCE 12856
MOIS 22 SORTIES ENTRÉES
Entrées du mois 12850
Dépenses mensuelles 11360
BALANCE 14346
MOIS 23 SORTIES ENTRÉES
Entrées du mois 12950
Dépenses mensuelles 11360
BALANCE 15936
MOIS 24 SORTIES ENTRÉES
Entrées du mois 15950
Assurance 800
Frais bancaires 120
Dépenses mensuelles 11360
BALANCE 19606
MOIS 25 SORTIES ENTRÉES
Entrées du mois 11500
Dépenses mensuelles 11360
BALANCE 19746

Le mois 25 est indiqué car représentatif des entrées et sorties après une période excluant des contrats aidés et permettant la pérennisation de la structure.

Apports financiers

La valorisation financière au tonnage est difficile, car chronophage et très lourde en terme administratif pour des petites structures. Ainsi, les structures de taille modeste font rarement appel à l’obtention des différents financements auxquels elles ont théoriquement accès.
Parmi ceux-ci et selon les lieux, il y a les TEOM (taxe d’enlèvement des ordures ménagères), l’eco-contribution, le détournement au tonnage pour la « déchetisation » évitée, la TGAP (Taxe Générale sur les Activités Polluantes), la REOM (redevance d’enlèvement des ordures ménagères), la valorisation Carbone, le recours au budget général, les financements de prévention des déchets…

Gestion de la structure

Gestion partagée

Il nous semble pertinent d’avoir une gestion par les acteurs et de considérer les propositions des salariés car ils ont des connaissances pratiques qui sont nécessaires à l’optimisation des procédés.

Centralisation décentralisée

Un mode « centralisé et systémique » doit être géré par divers structures pour fournir des structures au fonctionnements « décentralisés et spécifiques ». Il faut éviter d’être une seule grosse structure indépendante des autres acteurs.

Transversalité

Des modèles de gestion, tels que les entreprises libérées ou des SCOP, peuvent s’affranchir largement de la hiérarchie ainsi que de contrôle systématique et se portent économiquement mieux que des systèmes « traditionnels ». Cela est déjà vérifiable en terme de retour d’expérience en France.
Une direction lourde et procédurale serait un frein au développement du projet et à l’émergence d’innovations dans les traitements. Le mode de gestion est à définir avec l’ensemble des partenaires.

Intégration à posteriori

Il est important également d’avoir une méthodologie générale d’intégration de partenaires privilégiant les logiques environnementales et sociales telles que prônées par la législation et les connaissances des acteurs de terrain.

Répartition au sein du système de gestion

Un système collégial logique devrait contenir un nombre d’acteurs plus important si leur activité est priorisée dans la gestion des déchets.

Synthèse de l’accès à l’informatique

La problématique des DEEE informatiques n’est plus à démontrer et la manière de traiter ceux-ci est connue et déterminée de manière législative.
Un schéma de procédé transposant la législation permet d’ordonnancer les étapes du traitement des DEEE et EEE informatiques et est par ailleurs assez aisément transposable aux DEEE et EEE en général.
Les acteurs de terrain sont identifiés et sont nombreux sur un territoire tel que Nantes Métropole à chaque étape du traitement.
La mise en place d’une gestion intégrant les divers acteurs permettrait :

  • des économies substantielles,
  • un action sociale forte,
  • le développement d’emplois pérennes locaux,
  • un impact carbone fortement diminué,
  • une diminution de la précarité numérique,
  • un apport économique aux structures de l’ESS,
  • une prise de position consciente des problématiques liées à l’esclavagisme moderne ainsi que des conflits armés engendrés par l’exploitation chaotique des matières premières.

  • Il est urgent si l’on souhaite respecter les directives, les quotas et les engagements locaux, d’avoir une intervention de Nantes Métropole pour faire levier pour accompagner les changements de pratiques et l’introduction d’une gestion globale optimisée.
    Les structures de reconditionnement et de revalorisation peuvent assumer ce rôle, nombre d’entre elles le font déjà.
    Cependant afin que celles-ci puissent exercer leurs activités de manière optimale, il apparaît nécessaire de mettre en place une plate-forme dédiée exclusivement aux DEEE / EEE informatiques. Celle-ci se situe en amont du circuit habituel de récupération d’Eco-systèmes, afin de centraliser les ressources, réduire le coût de traitement de ceux-ci ainsi que le volume de DEEE ultime engendré.
    Ainsi nous préconisons la mise en place d’une gestion intégrée puis répartie avec l’intégration des acteurs de terrain.
    Cette gestion devrait par ailleurs être partagée, de manière ouverte et collaborative.
    La documentation en vue d’une reproductibilité à l’échelle nationale, à l’instar de celles faîtes par les associations ALIS 44 et Nâga, a engendré plus d’une vingtaine d’initiatives en France.
    Les pistes de financement nécessaire à la création de ce type de structures sont nombreuses et conséquentes.
    Enfin, une pérennisation des postes salariés au bout d’une période de 2 ans est réaliste, tout en permettant des économies pour la métropole nantaise qui serait pionnière en France sur un modèle de gestion d’économie circulaire de cette envergure appliquée aux DEEE informatiques.
    Les sources pour un financement de 120 000 euros pour le lancement du projet sont à déterminer.

Accès à internet

Cette partie sera beaucoup plus succincte que la précédente, car nous allons faire un simple listing de l’existant.
Nous aborderons également des cas particuliers d’accès à internet.
Enfin, nous verrons le cas de Brest, qui met en place un internet social, ainsi que celui de FAImaison, fournisseur d’accès Internet associatif à Nantes.

Listing de l’existant

Offres commerciales

Dans le commerce, nous pouvons trouver des offres au alentour de 15€ [23] (Free, SFR). Des comparatifs se trouvent facilement sur internet. Attention cependant, il peut s’agir d’offre sur un an, qui changent de tarif par la suite.
À noter que le regroupement de ses abonnements (téléphone portable, internet…) peut permettre des économies non négligeables.
Appeler son fournisseur pour lui dire que l’on souhaite changer de fournisseur pour un moins cher peut déclencher une réduction si l’on reste. Les vendeurs ont souvent une marge d’offre possible.

Offres sociales

Les tarifs sociaux sont définis par le gouvernement [24].
L’offre sociale d’Orange est à 20€ [25]. La différence n’est pas énorme, comparée à une offre classique, mais n’augmente pas dans le temps.

Cas particuliers

Problématique géographique

Certaines personnes n’ont pas accès à une connexion correcte, pour des raisons d’emplacement géographique, ou encore de nomadisme. Le partage de connexion à partir du téléphone est alors une pratique commune avec des résultats inégaux en fonction de l’emplacement géographique.

Partage de connexion

Le partage de connexion entre voisin est une pratique existante pour les personnes qui ont peu de ressources. En effet, sur une fibre ou une connexion correcte, il est possible d’avoir pas mal de connexions, sans avoir de ralentissement. Cependant, il faut rappeler que cette pratique n’est pas légale avec tous les fournisseurs d’accès, il faut voir les conditions générales d’utilisation pour vérifier cela. Cette pratique ne permet pas d’avoir une adresse IP par personne et le propriétaire de la box internet est alors responsable de pratiques potentiellement illégales via son adresse IP.

Une autre pratique est le « piratage » de la box d’un voisin (comme le cas précédent, mais à son insu). Évidement, cette pratique est illégale également.

Connexion dans un lieu social

Certaines personnes avec des besoins moindres ou par obligation (sans domicile fixe) se contentent d’aller se connecter, souvent pour des obligations administratives, dans des lieux sociaux.

Connexion dans un lieu public

Certaines personnes avec des besoins moindres ou par obligation (sans domicile fixe) et se contentent d’aller se connecter, souvent pour des obligations administratives, dans des lieux publics. Les lieux publics comportent un risque en terme de sécurité, le piratage y est plus aisé et remplir des documents administratifs comportant des éléments sur son identité n’est pas une pratique conseillée.

Propositions "accès à internet"

En guise de propositions, nous allons mettre en évidence deux analyses de cas.

Analyse de cas

Brest et l’internet social

Pour 1,19€ par mois et par logement, les locataires des logements câblés de Brest métropole habitat peuvent bénéficier d’un abonnement à Internet et d’un accompagnement. [26]

FAImaison

FAImaison est un fabricant d’accès à internet (FAI) associatif, qui encourage le développement d’un internet respectueux des droits et libertés de chacun·es, et défend la neutralité du Net.
Pour cela, les membres mettent en place et utilisent différents moyens d’accéder à internet et organisent des moments de partage de connaissances.

Synthèse de l’accès à internet

Les solutions commerciales n’ont pas de grands intérêts d’un point de vue social.
Des projets comme celui de Brest est très intéressants pour les locataires de logements sociaux.
Le FAImaison peut être un partenaire qui allie technique, éthique et approche locale. Cependant, les zones de mises en place doivent se faire au fur et à mesure avec un tel partenaire. Selon les projets, il faut les contacter afin de voir les possibilités de mises en place.

Accès à l’accompagnement

L’accès à l’accompagnement est un élément complexe de par la diversité des accompagnements possibles.
Nous réaliserons une liste, la plus exhaustive possible, de la typologie des groupes sociaux touchés par la précarité numériques.
Par la suite, nous indiquerons comment cela se traduit en terme d’accompagnement.
Nous verrons ensuite quels acteurs sont présents sur le territoire, en analysant les besoins.
Nous concluons sur les pistes d’actions à entrevoir.

Listing de l’existant

Afin de savoir quel acteur est présent et à quel groupe social il s’adresse, il semble nécessaire de faire une liste des groupes sociaux touchés par la précarité numérique [27] :

  • les étrangers primo-arrivants ;
  • les personnes nomades ;
  • les personnes en situation de handicap ;
  • les personnes âgées ;
  • les femmes / les hommes ;
  • les néo-débutants ;
  • les technophobes ;
  • les personnes ayant une maîtrise incomplète ou inexistante de la langue écrite ou parlée ;
  • les personnes sans-logis ;
  • les personnes traumatisées ;
  • les personnes éloignées géographiquement.
    Certains groupes peuvent sembler redondants, mais nous verrons les spécificités par la suite.

Corrélation des besoins et des groupes sociaux

L’accompagnement par groupe social peut avoir une importance, mais pas forcément, elle peut même parfois être excluante.
Des groupes d’entraide informatique peuvent faire abstraction de catégorisation sociale et permettre des rencontres qui ne se font pas couramment.
Cependant, parfois, cela revêt une importance majeure d’avoir un accompagnement spécifique pour des besoins spécifiques. Nous allons surtout ci-dessous spécifier cela, en subdivisant en sous groupe si nécessaire.

Les besoins vus ci-après peuvent être supérieurs. Nous parlons ici des besoins de bases les plus souvent observés.
Un même individu peut faire partie de plusieurs groupes.

Les étrangers primo-arrivants

Les étrangers primo-arrivants peuvent ou non maîtriser la langue française et peuvent ou non être en difficulté sociale.
Si les personnes ne maîtrisent pas la langue, un traducteur peut s’avérer nécessaire. Si besoin, une interface doit permettre une écriture bilingue pour l’envoi de message à l’étranger. Selon l’envie de la personne, l’interface de l’ordinateur peut être dans sa langue ou en français (voire, l’un puis l’autre ou les deux en même temps sur deux sessions pour s’habituer).
Pour les personnes en difficultés sociales, un accompagnement spécifique vers des organismes est utile. En effet, les droits ne sont pas les mêmes que les personnes françaises. Des raccourcis, une cartographie vers des acteurs locaux ou encore un listing d’aides existantes peuvent aider les démarches.

Les besoins à minima sont de l’ordre de la communication et les démarches administratives, mais aussi quotidiens.

Répondre éventuellement par un traducteur. L’écriture et / ou l’interface bilingue de l’ordinateur.
Des ressources (liens, cartographie ou listing) peuvent être utiles.

Les personnes nomades

Les personnes nomades peuvent ou non maîtriser la langue française et peuvent ou non être en difficulté sociale. Pour cela, les remarques sont les mêmes que pour les étrangers primo-arrivants.
À cela s’ajoute le mouvement de l’habitat et un espace de vie plus restreint.
Pour le mouvement de l’habitat, la connexion par téléphone à internet sera souvent l’option, si il y a connexion.
Pour des questions d’espace, un ordinateur portable est plus souvent adapté.

Les besoins à minima sont de l’ordre de la communication et les démarches administratives, mais aussi quotidiens.

Même besoins que pour les étrangers primo-arrivants.
Répondre éventuellement par un portable.

Les personnes en situation de handicap

La variétés des handicaps est très grande, nous allons devoir créer plusieurs sous groupes.

Handicap visuel type malvoyants / problème visuel

Les besoins sont quotidiens.

Répondre éventuellement par un écran de grande taille, des contrastes élevés, des réglages de confort (tailles et types de polices, couleurs…), logiciel de zoom.

Handicap visuel type non-voyants / malvoyants profonds

Les besoins sont quotidiens.

Répondre éventuellement par système d’exploitation spécifique avec retour vocal, contrôle sans écran (sauf si usage familiale avec des valides, l’écran restera et plusieurs sessions peuvent être créées).

Déficit et un dysfonctionnement cognitif

Les besoins sont divers (quotidien / apprentissage / rééducation).

Répondre éventuellement par de la simplicité d’usage, des liens vers les usages simplifiés, des logiciels ludo-éducatifs adaptés dans le cas de besoin d’apprentissage / rééducation.

Handicap moteur

Les besoins sont quotidiens.

Répondre éventuellement pour de une motricité minimisée (simple clic, souris plus rapide...), des liens vers les usages communs, des raccourcis, des contrôleurs divers ou encore de l’ergonomie.
Un appareillage spécifique peut être utile et parfois créé en fablab.

Surdité

Les besoins sont quotidiens.

Pas d’adaptation spécifique, mais un traducteur en langue des signes est utile pour les ateliers.

Dyslexie

Les besoins sont quotidiens.

Répondre éventuellement par une police d’écriture pour dyslexiques.

Daltonisme

Les besoins sont quotidiens.

Répondre éventuellement par un réglage de confort des couleurs par défaut.

Les personnes âgées

Les besoins sont quotidiens. La communication est souvent un point important (photos, mail…), mais aussi les jeux. Les personnes âgées font souvent partie de plusieurs autres catégories.

Répondre éventuellement par un réglage de confort, la simplicité d’usage, de la patience, plus de sessions et de la pédagogie. L’ergonomie peut aussi être un point fort. Il y a souvent des demandes sous format de « cours » et les personnes sont assez assidues.

Les femmes / les hommes

Si l’écart femmes / hommes pour une population française s’amoindrit dans la différence des usages et maîtrises de l’informatique, des points restent assez flagrants. Le code et les réparations restent très masculins, mais aussi la présence sur internet. À titre d’exemple, sur Wikipedia, environ 90 % des éditeurs sont des hommes. "Cela mène à un déséquilibre dans les articles publiés, parce que malheureusement, les hommes semblent plus intéressés par leurs congénères masculins que féminins". [28].

Des hommes peuvent être également dans un schéma très masculin, pour ne pas dire machiste, où ils sont « sensés maîtriser la technologie ». Ils se retrouvent alors face à leur méconnaissance en difficulté, surtout face à une femme maîtrisant l’outil.

Les besoins sont quotidiens.

Répondre éventuellement par des lieux d’accueil bienveillant et de la pédagogie appliquée par une autre femme pour les femmes.
Répondre éventuellement par des lieux d’accueil bienveillant et pédagogue pour les hommes.

Les néo-débutants

Les besoins sont quotidiens.

Répondre éventuellement par un réglage de confort, la simplicité d’usage, de la patience, plus de sessions et de la pédagogie.

Les technophobes

Les besoins sont quotidiens.

Répondre éventuellement par des lieux d’accueil bienveillant et pédagogue, un réglage de confort, la simplicité d’usage et de la patience.

Maîtrise incomplète ou inexistante de la langue écrite ou parlée

Les besoins sont quotidiens.

Répondre éventuellement par un réglage de confort, la simplicité d’usage, de la patience, plus de sessions et de la pédagogie, des logiciels ludo-éducatifs adaptés dans le cas de besoin d’apprentissage. Présence d’un traducteur.

Les personnes sans logis

Les besoins sont quotidiens.

Répondre éventuellement par des lieux d’accueil ayant un accès internet, des accompagnants et une imprimante.

Les personnes traumatisées

Les traumas sont divers et peuvent rentrer dans des catégories déjà énoncées.
Des troubles psychiques peuvent être dus à des parcours (maltraitance, accidents de la vie…) ou peuvent être innés.

Les besoins sont quotidiens.

Répondre éventuellement par des lieux d’accueil bienveillants, patients et pédagogues.

Les personnes éloignées géographiquement

Les besoins sont quotidiens.

Répondre éventuellement par des lieux d’accueil mobiles

Cas spécifique la continuité éducative

La continuité éducative, utile pendant la crise du Covid, est un cas particulier, car il n’entre pas forcément dans un groupe touché par la précarité numérique.
Parfois, des familles bien équipées ont un besoin plus ou moins temporaire pour toute la famille dû au télétravail ou à l’accès aux cours en distanciel.
On peut se poser la question du sur-équipement à posteriori, quand le besoin est passé.
Un parent nous disait à quelle point, maintenant que ces filles sont équipées, il est compliqué de « contrôler » le temps passé sur l’ordinateur et les contenus visionnés. Suite à l’utilisation d’un ordinateur portable, une de ses filles a rapidement développé des douleurs corporelles en ayant une position inadéquate avec un corps en pleine croissance.
L’équilibre postural est peu souvent pris en compte avec un ordinateur portable. Cela n’est pas vraiment fait pour travailler dessus tout le temps, mais pour servir en déplacement.

Ergonomie

Si le sujet a été vaguement abordé pour des groupes ci-dessus, l’ergonomie devrait être systématique pour ne pas développer des douleurs ou des déficiences à plus ou moins longs termes.
Cela peut entre autre comporter des réglages aussi basiques que l’adaptation pour les gauchers, qui sont encore souvent contraints à avoir des positions de droitiers. On peut aussi choisir des polices, couleurs, contrastes, saturations… qui minimisent l’impact sur la vue. L’adaptation des réglages du poste de travail et de l’ordinateur diminuent très clairement les douleurs ou la génération de problèmes futurs.
L’apprentissage de la frappe à dix doigts est clairement un plus en terme postural, ne plus de la maîtrise que cela apporte, dans une société ou l’informatique est omniprésent.
À noter que les ordinateurs portables permettent des réglages de confort avec l’ajout d’un clavier, d’une souris et d’un écran.

Propositions "accès à l’accompagnement"

Listing des acteurs

Une cartographie, ainsi qu’une version imprimable des acteurs du numériques sur Nantes Métropole semble nécessaire. Des fonctionnalités de type permalien [29]pour ne sélectionner que certaines catégories seraient les bienvenues. De plus, cela permettrait des insertions simples en iframe [30]sur d’autres sites. Il serait utile d’avoir une carte collaborative et sous licence libre, telle la carte ouverte de Rennes (https://rennes.carte-ouverte.org/)

Il est compliqué de faire un listing des acteurs, tant celui-ci change avec le temps et les programmes.
Une cartographie répondrait cette demande (catégorisation rapide, ajout simple…)
Si l’outil CartoQuartier (https://www.cartoquartiers.fr/) répond partiellement à cette demande, la catégorisation des lieux d’accompagnement numérique n’est pas spécifiée et la carte reste très axées sur Nantes où elle est plus complète.
La création d’une carte propre à cette thématique ou une adaptation de CartoQuartier semble nécessaire pour identifier les lieux.
À noter, qu’il existe diverses ressources pour trouver les structures telles que :

Ergonomie / Accompagnement des travailleurs sociaux et de structures sociales

Une plate-forme simple de tutoriels, de réglages et outils adaptés aux personnes serait le bienvenu pour des travailleurs sociaux, des centres sociaux, des maisons de quartiers, des associations travaillant dans l’accompagnement…

De plus, ces structures peuvent avoir des projets déjà réalisés par d’autres acteurs sociaux. Il serait possible de partager ces projets à la manière de instructables [31], site communautaire de partage de projets fabriqués. Cela permettrait la mise à disposition des ressources, retours d’expériences ou des échanges de conseils avec les personnes faisant des projets similaires.

Reste à voir si pour la clarté, il vaut mieux avoir un ou deux sites distincts...

Synthèse de l’accès à l’accompagnement

Les spécificités des publics sont très variées et il n’est pas toujours aisé d’identifier les lieux d’accueil. Une cartographie recensant les lieux (permanent ou programme temporaire) semble nécessaire.
Actuellement, suite à un passage de plus en plus numérique, on note une délégation forcée de l’état à des associations pour l’accompagnement informatique. Ce palliatif social ne peut pas se faire, car de nombreuses structures sociales le font avec leurs connaissances sociales spécifiques. Par contre, ces structures n’ont pas forcément de connaissances informatiques.
Une plate-forme simple de tutoriels, de réglages et outils adaptés aux personnes serait le bienvenu pour des travailleurs sociaux, des centres sociaux, des maisons de quartiers, des associations travaillant dans l’accompagnement… De plus, ces structures peuvent avoir des projets déjà réalisés par d’autres acteurs sociaux. Il serait possible de partager ces projets à la manière de instructables [32], site communautaire de partage de projets fabriqués. Cela permettrait la mise à disposition des ressources, retours d’expériences ou des échanges de conseils avec les personnes faisant des projets similaires.

Conclusion

La fracture numérique est variée en terme d’accès comme en terme d’usage. Il semble pertinent de la combler mais cependant, il faut garder à l’esprit qu’un impact socio-environnemental de la fabrication comme de l’usage de l’informatique est catastrophique (utilisation de matière premières limitées, guerre pour l’acquisition de ressources et esclavagisme, entre autre...).
Si pour l’ordinateur, la plupart de son empreinte environnementale est due à sa fabrication (environ 85%), cela ne semble pas être le cas d’internet (10 % de la consommation électrique mondiale en 2019 via son utilisation).
Il est primordial de considérer ces aspects, si nous comptons avoir une pertinence dans la vision à court, comme à moyen ou long terme.
L’équipement pour tous ne sera pas possible en terme de matières premières et pas souhaitable en terme d’impact. Les avancées technologiques (ordinateurs quantiques par exemple) ne permettent pas à l’heure actuelle d’entrevoir une solution aux problèmes de ressources.
Des ordinateurs centralisés peuvent être une option, mais posent des questions éthiques et de gestions. Des ordinateurs partagés sont souhaitables et possibles dans certains cas, comme pour des personnes obligées de l’utiliser pour des usages administratifs.
Si il y a des avancées dans les textes législatifs et les intentions politiques locales, une gestion intégrée du matériel n’est pas mise en place. Celle-ci permettrait une meilleure autonomie financière des acteurs, tout en diminuant les impacts environnementaux et en permettant une prise en charge d’un plus grand volume de matériel. Les acteurs existent sur le territoire, mais les spécialisations de chacun ne peuvent pas être optimum en terme d’économie circulaire, sans traitement centralisé en amont. Une structure qui gérerait cela doit intégrer les acteurs locaux pour profiter de chaque connaissance en terme de gestion de DEEE. Cela évite une main mise par un acteur unique, ce qui ne permet pas de gérer tous les aspects. La structure doit aussi être flexible pour intégrer des nouvelles méthodologies de traitement, cela se renouvellant assez fréquemment.
Concernant l’accès internet pour des quartiers prioritaires, contacter le FAImaison semble pertinent, en tant que seul acteur associatif sur Nantes Métropole, pouvant apporter une vision plus solidaire et autonome. Les solutions commerciales étant à peu près alignées en terme de coût et n’offrent pas un internet social à prix intéressant dans les offres existantes.
Pour l’accompagnement, il y a des manques sur le territoire. Tout d’abord, il faut localiser les acteurs sur Nantes Métropole, qui ne sont parfois même pas connus des autres acteurs ou des travailleurs sociaux. Ceci demanderait une carte interactive, tant les structures changent. Un export papier sous forme d’annuaire avec des catégories sélectionnables serait un plus. Il existe quelques ressources sur lesquelles baser cette carte. Par la suite, une communication au public, mais aussi aux autres acteurs et aux travailleurs sociaux paraît essentielle.
Pour l’accompagnement des publics, un site ressource à l’attention des travailleurs sociaux ou autres accompagnants serait le bienvenu. Celui-ci peut être ouvert à tous néanmoins. Il serait plus qu’utile pour l’accompagnement des personnes en situation de handicap, des personnes étrangères, néo-débutants… Intégrer l’ergonomie serait assez utile étant donné que l’usage informatique se démocratise, même en période de croissance, la posturologie est importante et peut éviter des problèmes de santé à long terme. Divers réglages, logiciels, applications, sites ressources, pratiques… pourraient y être abordés. Actuellement, des travailleurs sociaux ne peuvent pas forcément accompagner à travers un outils que tous ne maîtrisent pas à la perfection et les structures associatives auxquels l’état délègue les accompagnements informatiques ne sont pas des travailleurs sociaux.
Une demande récurrente est celle de l’accompagnement dans les démarches administratives. Plusieurs formes sont possibles. La mise à disposition de matériel sans accompagnement, pour celles et ceux qui savent remplir leurs dossiers ou qui ont appris à le faire dans le lieu d’accueil. L’accueil avec accompagnement et éventuellement l’envie d’autonomiser les personnes en créant des aides mémoires personnalisables pour répondre aux attentes de chacun. Un accompagnement sur place dans certains cas, pour les personnes n’ayant plus d’autonomie, communauté des gens du voyages…
Pour les communautés des gens du voyages, un accès internet serait utile pour éviter de dépenser des sommes importantes dans des recharges téléphoniques pour un accès internet via le téléphone portable.
Une étude plus approfondie auprès des usagers sous forme de living lab [33] serait nécessaire pour compléter l’approche actuelle.
À une autre échelle, l’impossibilité d’utiliser le format papier pour des dossiers administratifs est à déplorer. Pour de nombreux services de l’état, il n’ y aucune aide possible par le dit service pour les personnes ayant des soucis à l’utilisation de celui-ci. À noter que beaucoup de services ne sont pas en FALC (Facile à lire et à comprendre), peuvent utiliser un jargon interne, ne sont pas intuitifs, ni accessibles (handicaps, étrangers, dyslexiques…) Les services ont rarement des contacts pour permettre les retours utilisateurs et voir les points qui ne sont pas clairs à améliorer. Si une initiative comme « solidarité numérique » permet de répondre à certaines questions, d’autres restent très complexes à répondre à distance.
La fracture numérique demande une réelle gestion intégrée tant la question est délicate a traiter.

Annexes

Annexe 1

Lexique

Ce lexique ne comprend que les termes qui n’ont pas été détaillés dans le rapport.
Déchet
Est un déchet tout résidu d’un processus de production, de transformation ou d’utilisation, toute substance, matériau,produit... que son détenteur destine à l’abandon.
(Article 1 de la loi du 15 juillet 1975, modifiée par la loi n°92-646 du 13juillet 1992
Économie circulaire
L’économie circulaire est un principe utilisé en analyse de cycle de vie qui consiste à réutiliser un objet ou une partie d’un objet en fin de vie. Ceci évite qu’il devienne un déchet.
L’analyse de cycle de vie est communément appelée une évaluation du « berceau à la tombe ».
On parle de l’économie circulaire comme un cycle du « berceau au berceau » ou encore comme d’une « boucle fermée ».
Éco-conception
L’éco-conception consiste à diminuer l’impact environnemental évalué par une analyse de cycle de vie. Elle intègre diverses composantes pour son analyse :

  • Utilisation de matières renouvelables ;
  • Intégration du recyclage, détournement, réparation,reconditionnement,valorisation matière ou énergétique, réutilisation… ;
  • Intégration de symbiose ;
  • Utilisation de ressources moins impactantes ;
  • Minimisation des ressources utilisées ;
  • Suivi de l’efficience (maintenance, utilisation optimisées, comparaisons des technologies…) ;

Réutilisation
Utilisation de tout ou une partie d’un objet considéré comme déchet pour le même usage que celui pour lequel il a été conçu ou un autre.
Pour un ordinateur, on peut réutiliser l’objet complet ou encore des composants (mémoires, disque dur…) si l’objet complet n’est plus fonctionnel ou si il est obsolète.

Réemploi
Utilisation de tout ou une partie d’un objet pour le même usage que celui pour lequel il a été conçu ou un autre.
(La différence entre le réemploi et la réutilisation étant la notion de déchet)
Les textes législatifs européens ne font pas le distinguo entre réemploi et réutilisation. Ils utilisent souvent réutilisation (traduction de « reuse ») pour mentionner le réemploi ou le réutilisation.
Le cadre législatif considère la revalorisation (artistique, pédagogique…) comme une des formes de réemploi / réutilisation.

Reconditionnement
Rétablir la bonne condition d’un produit, le remettre en état. Dans le cas d’un ordinateur, cela peut être (plusieurs choix peuvent se combiner) :

  • une réparation ;
  • une mise à niveau ;
  • la ré-installation d’un système d’exploitation ;
  • l’utilisation dans un cadre nécessitant moins de ressources ;
  • la reconfiguration des paramètres en mode « sortie d’usine » ;

Détournement
Utilisation d’un produit (ou d’un service) tout ou en partie pour un autre usage que celui pour lequel il a été conçu. Dans le cas d’un ordinateur, cela peut être (plusieurs choix peuvent se combiner) :

  • La réutilisation en tant que serveur ;
  • Une valorisation artistique ;
  • L’utilisation des composants pour un usages pédagogiques ;

Valorisation
La valorisation avoir deux sens

  • D’un point de vue législatif / gestion des DEEE
    La valorisation peut être matérielle ou énergétique.
    Dans le cas d’un ordinateur, on parle de valorisation matière dans le cas du recyclage.
    La valorisation énergétique désigne généralement la production d’énergie par incinération avec récupération de la chaleur.
  • D’un point artistique
    Le fait de redonner de la valeur peut être lié à un détournement, à une remise en état...

Annexe 2

Limites du système

Le schéma présenté de la gestion des EEE/DEEE connaît différentes limites :

  • Des limites géographiques, car uniquement le territoire français est considéré ;
  • Des limites d’étapes. L’extraction et la déchétisation ne sont pas inclues.
  • Des limites technologiques. En effet, le milieu de EEE informatique est en perpétuel changement depuis sa création et de nouvelles filières apparenteront certainement.
    Il nous semble cependant important d’aborder le sujet, car le projet proposé diminue les impacts cités.

Concernant les limites géographiques, l’extraction minière n’est pas considérée dans le processus, tout comme les procédés de fabrication qui pourraient intégrer bien plus d’éco-conception. L’ éco-conception étant gérée par les constructeur, elle ne sont pas de notre ressort. De plus il persiste des travers concernant une part importante de DEEE français qui sont envoyés dans les PED [34] sans traçabilité.

Le coltan se trouve en quantité commerciale en Afrique centrale, notamment en République Démocratique du Congo (RDC) dans la région du Kivu qui détient entre 60 et 80 % des réserves mondiales. Le coltan est au cœur de la guerre en RDC. Il s’agit de l’un des conflits les plus meurtriers depuis la Seconde Guerre Mondiale avec plus de 6 millions de morts1.

Le cuivre est une des matières recherchées dans les déchetteries à ciel ouvert dans les PED [35].
Afin d’ôter les matières plastiques les entourant, ils sont souvent brûlés sans aucune protection. L’espérance de vie des personnes effectuant ces tâches est bien inférieure à la moyenne de leur pays. Au Mexique, elle est de 39 ans quand celle du reste de la population est de 67 ans, bien que certainement moins exposés que dans certains PED... [36]

Les conditions sociales sont également particulièrement mauvaises. Les revenus des jeunes enfants (en dessous de 12 ans) se situent entre 10 et 25 % du revenu d’un adulte. [37]
De plus, certains composants extrêmement polluants, ayant été retirés de la fabrication des ordinateurs [38] partent malgré tout, sous couvert de dons humanitaires, sans contrôle ni connaissance des tonnages, vers les PED. Ils y sont alors souvent brûlés ou amassés dans des déchetteries à ciel ouvert. L’eau de pluie en contact avec ces déchets produit alors des liquides très toxiques qui contaminent les nappes phréatiques. D’après l’OMS [39] et l’UNICEF [40] chaque année un million et demi de nouveau-nés meurent dans le monde via l’utilisation d’eau polluée mélangée au lait en poudre infantile.

Fabrication

Une étude a mis en évidence les conditions de travail dans le cadre de la fabrication d’ordinateurs. Elle révèle ainsi que des millions d’ouvrières en Asie travaillent douze heures par jour et plus pour un salaire de 50 centimes par jour [41], tout en étant exposées à des substances toxiques et dans l’irrespect total des normes fondamentales de l’OIT [42].
70 à 95% des employés travaillant pour les sous-traitants de HP, Dell, Acer, Apple, Fujitsu Siemens sont des femmes célibataires de moins de 30 ans. En Chine, ce sont pour la plupart de jeunes chinoises issues de la campagne qui travaillent dans les grandes villes usines des côtes.
Les normes internationales en droits du travail de l’OIT sont enfreintes dans pratiquement toutes les entreprises de sous-traitance.
De ceci découle des aberrations, par exemple, pour contrer les suicides dans l’usine Foxconn à Shenzhen en 2010, les dirigeants ont dû installer des filets anti-suicides autour des bâtiments pour éviter que les employés ne se tuent en se jetant des toits [43]. Ce genre de scandale n’est pas isolé, actuellement le PNUE [44] ou encore Human Rights Watch [45] mettent à jour les conditions de travail imposées dans des entreprises de montage d’ordinateurs.

Annexe 3

Propositions et problématiques associées

GNU / Linux
Il est difficilement envisageable de reconditionner des ordinateurs sous Windows, système d’exploitation coûteux.
Même dans le cas de gratuité de licences accordée à des structures, nous faisons face à des systèmes d’exploitations gourmands en ressources .
Linux, outre sa légèreté en ressources et sa robustesse, offre également une sécurité, via l’absence quasi totale de virus, logiciels espions, vers et chevaux de Troie. De plus, le système est simple d’utilisation permettant en un clic de faire toutes ses mises à jours pour bénéficier des dernières versions stables et ne nécessite pas de maintenance particulière (ni vidage de fichiers temporaires, ni suppression de logiciels intrusifs). Il est également à noter que les standards de fichiers ouverts sont de plus en plus recommandés et proposés par défaut dans de nombreux logiciels présents sous Linux.
Enfin, il faut considérer les économies réalisées en terme de temps de travail du fait d’avoir à gérer un système plus efficace et plus stable.
En effet, à titre d’exemple, la Gendarmerie nationale a réduit ses coûts d’exploitation informatique de 40 % en migrant sous Linux et en gardant la même typologie de matériel.

Habitudes
Il est évident que les habitudes des usagés sont un frein à un passage sous Linux. Néanmoins elles le sont toujours lorsque l’on passe d’un système d’exploitation à un autre, que se soit une migration d’un système Windows à une autre version ou encore un passage sous Mac OS.
Pour un passage sous Linux, il est possible de se former, via les différents accès aux droits à la formation. Les organismes de formations qui offrent ce genre de services sont nombreux. Cependant, l’usage courant étant essentiellement logiciel, en dehors des paramétrage qu’assez peu de personnes utilisent et l’installation de logiciels, il n’y a pas de changements majeurs dans l’usage outre la simplification.

Compatibilité des logiciels
Il est possible que des années d’utilisation d’un système propriétaire aient engendré un stockage de documents dont les formats ne sont pas exploitables sous Linux.
Des structures telles que Liléo (www.lileo.fr) peuvent aider à la migration en informant sur les logiciels équivalents ou encore prendre en main la migration d’éléments tels que les bases de données ou la conversion de fichiers.
Cela permet ainsi de ne pas perdre l’accès aux données dans le temps, en les migrant sous des formats ouverts.
Si aucune application n’existe ou pas n’ai assez développée pour des usages spécifiques , il est possible de participer au développement de ces logiciels sous forme de prestations.

Durée de vie d’un ordinateur
Une étude faite en 2011, commanditée par Crucial, dévoile que les propriétaires français d’ordinateur tendraient à remplacer leur PC [46] après une durée moyenne de seulement 4 ans et demi (en 2011). Ce phénomène s’accélère du fait de la durée de vie de plus en plus courte des machines (nouveaux systèmes d’exploitation et logiciels imposés et gourmands en ressource matériel, effets de mode consuméristes, usages nomades...).
À cette durée de vie courte, vient s’ajouter l’arrivée des tablettes tactiles, difficiles à réparer ou à reconditionner. Tout ceci augmente les problématiques précitées et celles du recyclage.

Éducation nationale
Au sein de l’éducation nationale, la volonté d’introduire des tablettes ne permet pas encore l’utilisation de matériel reconditionné. Certains membres du corps enseignant se posent diverses questions sur l’impact économique et écologique de cette décision.
Malgré ces considérations, des ordinateurs reconditionnés pourraient être installés en milieu scolaire, si les appels d’offres informatiques distinguaient les tablettes, des ordinateurs et des périphériques / consommables.
Afin de fournir une assurance aux structures scolaires, une garantie de deux ans sur tout matériel reconditionné semble pertinente.

Valorisations artistiques / pédagogiques
Préalablement à une valorisation, une recherche sur la toxicologie des composants est nécessaire.
Une information doit être faite au « consommateur » que le produit revalorisé est un DEEE et qu’il doit être traité comme tel quand il sera en fin de vie.
Les jonctions, soudures… éventuellement utilisées doivent permettre la séparation des composants en vue d’une revalorisation future, d’une revente matière ou de recyclage.
Il est à noter qu’il faut privilégier la réutilisation dans l’usage d’origine des éléments fonctionnels démontés plutôt que le détournement.
Les structures de valorisation sont nombreuses, parmi celles-ci, nous pouvons citer de manière non-exhaustive : les Repairs Cafés, les artistes, les Fablabs, les maquettistes, les Hackerspaces, les Médialabs, les Techshops, les designers et autres valoristes.

Grande précarité
Pour certaines personnes, l’obtention de matériel, même reconditionné à bas coût n’est pas possible.
Il est possible via le CCAS [47] ou le CMS [48] d’obtenir une aide financière pour l’acquisition de matériel.
Par ailleurs, certains ordinateurs sont considérés « obsolètes » bien qu’ils puisent aller sur internet ou faire de la bureautique. Dans la mesure des stocks disponibles, nous préférons ne pas donner ce matériel à nos adhérents et privilégier le don de matériel plus performant, afin que le public bénéficiaire puisse profiter de matériel confortable à l’usage, mais également pour distinguer le système Linux de lenteurs liés aux matériels anciens.
Afin de trouver un usage à ce matériel, il serait possible d’équiper gratuitement les lieux d’hébergement ou d’accueil de SDF [49], des MJC [50], des associations pour les itinérants, des associations d’alphabétisation ou encore des maisons de quartier pour des démarches administratives de plus en plus dématérialisées, des foyers de jeunes travailleurs, des lieux d’hébergement ou d’accueil de réfugiés ...

Acquisition du matériel d’administrations
Dans le cadre d’Agenda 21, de plan de prévention de déchets ou de promotion de l’économie circulaire, il serait possible d’intégrer des clauses éthiques dans les mairies, communautés de communes et administrations afin de privilégier le traitement local, plutôt que l’envoi en pays en développement ou le recyclage.

Annexe 4

Sondage

Fracture Numérique Nantes Métropole et environ
L’association Nâga réalise un dossier sur la « fracture numérique sur Nantes Métropole et les environs » sous Licence Libre. Cela se fait en lien avec l’association Ping et les CEMEA.
Nous vous contactons car vous êtes acteurs luttant contre la fracture numérique ou en lien avec des publics concernés.
Une fois le dossier réalisé, il sera possible de faire une écriture complémentaire collaborative.
Le but est de faire remonter les besoins, par le biais politique, afin de voir comment il est possible de les combler à minima partiellement.

Votre nom et prénom *

Nom de votre structure *

Courriel *

Activité *

Description succincte ou lien vers une description existante.

  • Si vous êtes acteurs luttant contre la fracture numérique : vos activités dans ce cadre.
  • Et / ou si vous en lien avec des publics concernés : les publics concernés.

Avec quel public spécifique concerné par la fracture numérique travaillez vous ? *
o les étrangers primo-arrivants
o les personnes nomades
o les personnes âgées
o les femmes
o les néo-débutants
o les technophobes
o les personnes ayant une maîtrise incomplète ou inexistante de la langue écrite ou parlée
o les personnes sans logis
o les personnes traumatisées
o les personnes éloignées géographiquement
o les personnes en situation de handicap (précisez plus bas, svp)
autres (précisez plus bas, svp)

Par public spécifique, nous entendons qui a des besoins qui ne peuvent être pris en compte partout. Par exemple, une personne ne parlant pas la langue et qui a besoin de traduction ou une personne aveugle qui souhaite utiliser un système adapté. Une personne faisant partie de ce public n’est pas automatiquement en fracture numérique. Plusieurs choix sont possibles.

Précisez la réponse ci-dessus si nécessaire

Quels sont, à votre avis, les freins ou manques les plus flagrants sur le territoire ?

Merci de vous exprimer librement et franchement, pas d’auto-censure, les résultats à cette question seront anonymisés.

Avez-vous connaissance de structures luttant contre la fracture numérique ?

Cela afin de compléter notre liste de structures impliquées.

Avez-vous connaissance de structures, avec public spécifique, en demande d’accompagnement ?

Cela afin de compléter notre liste de structures impliquées (hors CSC et maisons de quartier car déjà identifié).

Commentaire(s)

Merci de votre temps ! Si vous avez des commentaires, vous pouvez les ajouter ici. Merci de vous exprimer librement et franchement, pas d’auto-censure, les résultats à cette question seront anonymisés.

Soumettre

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Annexe 5

Texte
Bonjour,
L’association Nâga, en partenariat avec les CEMEA et Ping, fait un sondage sur la fracture numérique en lien avec votre activité ou votre public.
Le but est d’identifier les besoins sur Nantes métropole et alentour.
Merci des 2 minutes de votre temps pour remplir cela :
https://framaforms.org/fracture-numerique-nantes-metropole-et-environ-1596547528
Par la suite, nous vous informerons des résultats anonymisés.
Bonne journée,
Cordialement,
Ben

Liste des structures sollicitées
Non communiquée par souci de RGPD.

Annexe 6

Entretien téléphonique avec FAImaison

Gilou, vice-président, par téléphone le 12/08/2020 et Agathe, Metal Pou, Gilou, Bertrand le 19/08/2020

Des accès internet peuvent être étudiés avec FAImaison (https://www.faimaison.net/). Il est possible de créer une structure dédiée s’appuyant sur FAImaison ou FDN (https://www.fdn.fr/).
L’appui comprend, une aide à la faisabilité (technique et financière).
FAImaison pourrait fournir le matériel. Il est possible d’avoir un accès avec une IP différenciée par appartement.
Le but de FAImaison est d’accompagner des personnes pouvant gérer le réseau et monter en compétence. Une documentation est disponible sur le wiki.
Réception d’internet via un upstream (un fournisseur en amont) puis met en place un tunnel avec une infrastructure propre à FAImaison ou à la structure dédiée.
Des développements sont possibles. Des développements progressifs, à l’échelle d’un quartier / immeuble est potentiellement envisageable dans un premier temps.
Pour tout autre fonctionnement, une discussion avec FAI maison est possible.


Mise en place de confine atelier (comme les contrib atelier, le but est la sensibilisation à la contribution). Il y a pas mal de participants (dernier ateleir50 à la Médiathèque de Rezé).
Il y a beaucoup de demandes VPN. 2 quartiers (Bottière et Saint Félix avec 26 accès ADSL, 86 accès VPN, 7 machines physiques, 19 accès en wifi et 30 machines virtuelles).
Animation café vie privée.

Témoignage de Nâga

Ben, salarié de Nâga, le 17/08/2020

Ayant accompagné de nombreuses personnes à l’association, avec des contraintes variées, nous avons pu observer les divers spécificités des apports possibles et des demandes.
Afin de « sectoriser » pour avoir une lecture plus facile à reprendre, voilà ce que nous avons pu vivre au sein de l’association.
Pour des personnes étrangères n’ayant pas la maîtrise de la langue
Nous avons souvent la demande de garder la langue de l’ordinateur en français, afin d’apprendre des mots à travers l‘interface. Il est possible également de créer une session en français et une autre dans la langue d’origine de la personne.
Pour le clavier, cela est plus compliqué en apparence. Bien que les personnes ne soient pas contre avoir le clavier en français la plupart du temps, parfois (pour des contacts avec de la famille / amis ou des recherches spécifiques), il est nécessaire d’avoir un clavier dans la langue d’origine. Linux permet de passe de l’un à l’autre en cliquant simplement sur une icône. On peut alors avoir au moins 4 choix :

  • Utiliser un clavier virtuel ;
  • Utiliser le clavier français en connaissant par cœur l’emplacement des lettres du clavier de la langue d’origine ;
  • Coller des autocollants pour mettre les lettre de la langue d’origine sur le clavier français ;
  • Mettre un clavier silicone retirable en langue souhaité couvrant le clavier avec les lettres de la langue d’origine (5 à 15€ environ sur internet, faire attention à avoir le même format de clavier)

Pour des personnes handicapées
La variété des handicaps et des perception par les personnes qui les vivent est très large…
Pour chaque problématique inhérente à un handicap, on peut cependant très souvent répondre selon le cas de figure avec les moyens suivants :

  • De nombreux paramétrages méconnus facilitent grandement l’utilisation de l’ordinateur ;
  • L’ajout de logiciels (loupe, synthétiseur vocal…) ou encore de polices (Open Dyslexic), de plugin permettent également de combler certains besoins.
  • La conception de site internet peut également être en cause (Non respect des normes WAI, W3C, recommandation « Facile à lire et à comprendre », police et / ou couleur difficile à percevoir…). Pour cela il existe de nombreuses ressources pour s’améliorer ;
  • L’ergonomie du poste est parfois un élément indispensable (même si cela devrait toujours l’être, là, encore plus…) ;
  • à noter pour les éléments ci-dessus peuvent être intégrés dans une distribution spécifique comme AccessDV Linux (https://accessdvlinux.fr/)
  • Parfois un appareillage ou un machine spécifique est nécessaire. À noter que de nombreux sites de DIY1 parlent de ce sujet. Des fablabs peuvent accompagner à la construction pour des éléments plus complexes ou nécessitant du matériel.

Pour des personnes âgées
Il est souvent utile de prendre plus de temps pour une personne plus âgées.
Le lien social est essentiel, en plus de rassurer sur des technologies qui peuvent faire peur. Informer sur les pratiques frauduleuses est encore plus important pour ce public plus exposé que d’autres aux arnaques.
Pour la maîtrise des usages, les répétitions sont souvent utiles. Avoir des vidéos explicatives courtes sur un point spécifique est alors d’une grande aide.

Témoignage de Clément Souchez

Clément Souchez, ancien salarié du CSC Château, le 02/09/2020

Clément Souchez animait des ateliers composé de personnes à l’age de la retraite.
Il y avait plusieurs typologies d’usagers (le tout pouvant se cumuler ou non) :

  • Des personnes à la retraite avec pas mal de temps ;
  • des personnes très précaires.
    Certaines personnes ont des moyens financiers assez confortables pour avoir du matériel récent, mais ne savent pas s’en servir. Ce public est en demande de cours et sont assez assidus.
    Certaines personnes en grande précarité cependant décrochent rapidement, étant happées par les besoins quotidiens.
    Certaines personnes ont des besoins très ponctuels (par exemple, un document à scanner ou une déclaration à faire une fois par mois).
    Il y a un besoin de répétition et une présence forte de peur de « casser l’ordinateur » si on s’en sert mal. Il y a une méfiance assez commune de l’outil informatique (mail d’arnaque, panneau d’affichage même légitime…)
    Le lien social est ce qui est recherché en premier, à travers les cours, mais aussi dans les utilisations du quotidien.
    Il y a une assez grande présence de jeux et d’utilisations loisir de l’ordinateur.

Témoignage de Bernadette Poiraud

Bernadette Poiraud, membre d’ACIAH, le 09/09/2020

ACIAH fourni des ordinateur Linux pour mal voyants et non voyants
En quoi cette précarité numérique est-elle spécifique par rapport à d’autre ?
parce qu’elle touche à la personne elle-même.
La précarité monétaire peut être ressentie comme provisoire : quand j’aurai un bon travail ... quand j’aurai gagné au loto ... quand je n’aurai plus mon fils à charge ....
je suis capable mais pas dans les bonnes conditions
mais la précarité numérique, c’est me faire ressentir que je suis nulle. En effet, même si on m’offrait un ordinateur, je ne serais pas capable de m’en servir.
et je ressens en plus que je suis dépassée, je ne peux plus communiquer avec mes enfants et petits enfants, et les voisins voient bien que je ne suis plus dans le coup.

Quelles sont les contraintes actuelles ? (physiques, psychiques, matérielles, financières, sociales, temporelles...)
les contraintes actuelles sont d’abord psychiques : la peur d’un objet qui va me sauter à la figure, sans oublier les virus dont tout le monde parle.
viennent ensuite les contraintes financières , c’est cher un ordi, même d’occase, et puis je ne saurai pas m’en servir. (leitmotiv)
Notes d’utilisateurs :

  • on voit trop d’acheteurs qui ne bénéficient pas de conseils adaptés.
  • et la souris, c’est dur de mener une souris, j’ai les doigts déformés, et plus assez de rapidité.
  • et je ne comprends pas le vocabulaire : "si ce message ne s’affiche pas, copiez le lien dans votre navigateur" !!
  • et si je me lance, qui pourra m’aider ? mon clavier ne fait pas les chiffres, ah ? c’est quoi le pavé numérique ? Et pour fermer faut cliquer sur le bouton rouge ..
  • mais il y a plusieurs boutons rouges sur mon écran. ah zut, c’était pas le bon, j’ai tout perdu ...

Quels moyens sont envisageables pour aller vers un numérique plus égalitaire ?
Egalitaire ? est-ce le terme ? On ne pourra pas aller à l’égalité dans les pratiques du numérique.
Mais on peut rendre le numérique plus abordable. J’ose dire que c’est ce que fait l’association ACIAH.

  • d’abord lever la peur, démythifier l’ordinateur. (ouvrir une tour, découvrir ses éléments, c’est super ! cela plaît beaucoup)
  • ensuite permettre de toucher à l’informatique, chacun à son rythme, chacun à ce qui l’intéresse d’abord.
  • susciter des groupes d’utilisateurs, entre voisins par exemple, pour s’échanger des courriels, des vidéos, des images, pour que l’ordi devienne un plaisir.
  • favoriser les échanges entre les générations, entre les milieux socio-économiques,
  • offrir une assistance personnalisée à distance
  • offrir des tutoriels adaptés, travailler l’autonomie des personnes.
  • offrir des distributions simples (Mint, ADVL) qui permettent de faire l’essentiel et laissent la possibilité d’aller plus loin un jour si nécessaire. Mais ne pas se faire d’illusion, l’informatique c’est comme une activité sportive, faut pratiquer régulièrement et ce n’est pas le cas pour beaucoup de gens autour de nous. En cela nos fiches pédagogiques sont un atout, indispensable.

Mais notre expérience nous amène à un autre point de vue. On raisonne "fracture numérique" donc sentiment négatif. et si on pensait positif ?
Nous, nous côtoyons des personnes âgées qui ont découvert l’ordinateur, la possibilité de voyager (virtuelle), de découvrir le monde, de découvrir la peinture, la musique...
Des personnes qui, par le biais de l’ordinateur, ont tissé des liens, avec leur famille, les voisins ou des résidents de maison de retraite, ou des jeunes !
Des résidents de maison de retraite, heureux de voir venir des bénévoles, de choisir leurs propres activités : mots croisés, mots coupés, écrire à la famille, voir des vidéos, chanter.
Des personnes isolées découvrant tout à coup qu’on a besoin d’elles pour aider d’autres personnes.
Des jeunes qui ont plaisir à accompagner des personnes âgées !!
Des aveugles qui peuvent lire et écrire leur courrier
Des aveugles qui peuvent télécharger le livre de leur choix pour l’écouter plus tard dans un fauteuil. (j’ai pu montrer à des aveugles comment télécharger, dézipper et copier-coller sur une clé usb)
Des personnes qui se découvrent capables d’utiliser un ordinateur, voire de démonter une tour si on les aide, en y comprenant un petit quelque chose.
Si on veut réduire la fracture numérique, il faut aider les gens à être autonomes, à trouver du plaisir dans l’utilisation d’un ordinateur.
C’est ce à quoi nous travaillons .…

Témoignage de Paco Sacchieri et Charly Boutin

Paco Sacchieri et Charly Boutin, salariés des forges médiation, le 15/09/2020

Les forges médiation
Créée en 2008, l’association Les Forges met en œuvre des missions de médiation dans le champ des politiques publiques (du logement, de la santé, du social…) au profit des personnes en situation de précarité et/ou de vulnérabilité, notamment celles issues de la communauté des gens du voyage.
Rendu de l’échange
Sur les aires d’accueil, il y a parfois des coupures d’électricité, et 1 aire sur 18 a un accès internet. Les connexions se font souvent par les téléphones avec une qualité de connexion qui n’est pas toujours au rendez-vous et un forfait qui est souvent largement dépassé. L’accès est donc cher !
L’utilisation, en dehors du loisir, est essentiellement pour les déclarations administratives. Avoir un accès est une chose, mais savoir utiliser l’ordinateur est aussi problématique, parmi les causes, l’illettrisme, l’illectronisme, la peur de mal faire...
Parfois pour un groupe familial, il peut y avoir un ordinateur et une imprimante partagés, mais cela n’est pas toujours le cas.
Aller vers un lieu tiers, inconnu, peut générer un blocage, il y a une volonté d’instantanéité face aux besoins.
Pour ce qui concerne les démarches en ligne, il est parfois complexe d’avoir des référents internes aux services les proposant, pour pallier aux difficultés de ses usagers, les accompagner face aux freins qui sont leurs, concernant le numérique. Pour de nombreux services de l’état, il n’ y aucune aide possible par le dit service pour les personnes ayant des soucis à l’utilisation de celui-ci. À noter que beaucoup de services ne sont pas en FALC (Facile à lire et à comprendre), peuvent utiliser un jargon interne, ne sont pas intuitifs, ni accessibles (handicaps, étrangers, dyslexiques…) Les services ont rarement des contacts pour permettre les retours utilisateurs et voir les points qui ne sont pas clairs à améliorer.
En ce qui concerne les ressources possibles, à noter l’existence de solidarité numérique, centre d’aide pour les démarches en ligne essentielles (mais pas de présentiel, ce qui n’est pas évident pour certains échanges). Récemment, et localement, l’association des Services Régionaux Itinérants (SRI - Rezé) s’est dotée d’une médiatrice numérique, qui aide, ses usagers au besoin, concernant les démarches en ligne. Pour rajout, les ressources internes (famille, proches) semblent limitées, de par la multiplication des demandes, d’une part, mais aussi par un niveau de compétence parfois trop restreint voire par la peur d’induire de l’erreur pour les demandeurs.
Certaines personnes qui restent sur les aires d’accueil toute l’année sont parfois en grande précarité et ont encore moins que d’autres accès au numérique.
NDLR : Pour information, via Nâga, il est possible d’obtenir une aide de la CLI (commission locale d’insertion) pour l’obtention d’un ordinateur portable dans le cadre de la recherche d’emploi pour les personnes au RSA.

Témoignage de Morgane Le Goff

Morgane Le Goff, membre d’AFFS, le 16/09/2020

Les Ateliers Femmes et Féminisme est une association qui vise à :
• combler le fossé des genres,
• inscrire les femmes dans l’histoire,
• rendre les réalisations des femmes visibles,
• donner des modèles aux générations futures.
Nous organisons des rencontres-débats, des tables rondes, sur la présence des femmes dans les médias, dans Wikipédia et dans le numérique.

En quoi cette précarité numérique est-elle spécifique par rapport à d’autre ? Quelles sont les contraintes actuelles ? (physiques, psychiques, matérielles, financières, sociales, temporelles…)

Selon moi la précarité numérique est différente d’autres formes de précarité car elle ne se limite pas à l’appartenance à une catégorie sociale et ne peut pas s’aborder non plus selon des critères géographiques (par exemple la ville vs la campagne, ou encore les quartiers aisés vs populaires). Elle touche toutes les catégories sociales, tous les âges, et tout le territoire.
Les raisons de cette précarité peuvent être matérielles, mais cela est loin d’être la seule explication. De plus en plus de ménages sont désormais équipés, mais sans que l’exclusion numérique n’ai reculé d’autant. Elle n’est donc pas seulement d’ordre financier. On peut aussi bien sûr aussi évoquer les difficultés géographiques notamment en zone blanche, mais ce n’est pas tout.
Plus globalement, c’est le fait qu’il soit de plus en plus difficile d’effectuer ses démarches administratives de manière « physique » (accueil sur place ou courrier), et même par téléphone, qui est problématique. Bien souvent, il n’est plus prévu que les fonctionnaires ou salariés prennent le temps pour accompagner ces démarches, et l’usager/client doit être autonome autant que possible. Ceci a pour conséquences d’accroître la fracture numérique et peut être très usant psychologiquement, que ce soit pour les personnes illettrées, mais aussi celles qui ne maîtrisent pas les outils informatiques ou le français.
Je pense qu’il ne faut pas considérer l’accès et la capacité d’utilisation des outils informatiques comme acquis de toustes, bien que ce soit une solution de facilité et moins onéreuse pour les administrations et les entreprises.
La précarité numérique peut aussi devenir handicapant socialement, puisque c’est principalement sur les réseaux que nous communiquons quotidiennement.

Quels moyens sont envisageables pour aller vers un numérique plus égalitaire ?

Un accompagnement localisé, gratuit et ouvert à toustes, est nécessaire que ce soit pour une aide ponctuelle ou pour une formation approfondie.
Contraindre les entreprises et les administrations à offrir la possibilité d’effectuer ses démarches de manière matérialisée et facilement (trop souvent, il faut une patience et une détermination infaillible pour y parvenir).
Des contraintes légales contre l’obsolescence programmée et pour une uniformisation des pièces doivent être prises de manière urgente, afin de donner la possibilité à chacun.e.s d’apprendre à manipuler et réparer son matériel. Ces problématiques sont à la fois un frein financier et psychologique pour un accès et un usage plus égalitaire. Cette mesure a donc une politique et sociale, mais aussi écologique.

Documents téléchargeables

Version 1.0
Le 09 septembre 2020
Auteur : Benjamin LARCHER

(avec en bonus, des fautes corrigées en ligne, mais pas dans ces versions).

Rapport état des lieux

État des lieux V1.1 (pdf)
État des lieux V1.1 (odt)

Annexe état des lieux

Annexe état des lieux (odt)
Annexe état des lieux (pdf)

Visuels

Visuels (faits avec inkscape)

Dossier financier

Éléments financiers

[1PiNG invite les citoyen·nes et les professionnel·les à des temps de découverte, de pratique et d’échange pour se ré-approprier ensemble les technologies qui nous entourent. https://www.pingbase.net

[4Économie sociale et solidaire

[5Determinants of Internet skills, uses and outcomes. A systematic review of the second- and third-level digital divide

[6Appelé noob qui est l’abréviation péjorative de newbie (néophyte)

[7Voir Edward Snowden pour le plus connu, mais aussi les élections de Donald Trump et Jair Bolsonaro avec l’aide de Cambridge Analatyca, le documentaire « Nothing to hide »...

[10En toute conscience de la polémique sur le terme « développement », lié à un croissance économique et le terme « durable », traduction de « sustainable » qui traduit en français par « durable » met l’accent sur le long terme de la croissance économique, plus que « soutenable » qui mettrait l’impact sur l’humain. Nous considérerons la définition du rapport Brundtland de 1987 : « le développement durable est un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs »

[11L’économie circulaire est un nouveau modèle économique à vision systémique. Les notions d’économie verte, d’économie de l’usage ou de l’économie de la fonctionnalité, de l’économie de la performance et de l’écologie industrielle font partie de l’économie circulaire.

[12https://www.greenit.fr/2010/02/26/24-fois-plus-de-co2-lors-de-la-fabrication-d-un-ordinateur-que-lors-de-son-utilisation/ avec la polémique sur les g eq de CO2 / kwh produit par le nucléaire, ce qui changerait pas mal le résultat. Nous avons plusieurs sources : Le GIEC indique 12 g de CO2/kWh basé sur des chiffres d’EDF en partie, l’Ademe dans son Bilan Carbone® Entreprises et Collectivités : GUIDE DES FACTEURS D’EMISSIONS Version 6.1 indique 66 g eq de CO2 / kwh et EDF : 6 g de CO2/kWh. Le chiffre repris pour le bilan de l’ADEME est ... celui d’EDF, alors même qu’un autre chiffre est utilisé dans un autre rapport de l’ADEME sur la même thématique.

[13Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication

[14Équipements électriques et électroniques (Dans le cas de cession de matériel)

[15Déchets d’équipements électriques et électroniques (Dans le cas de récupération par la filière déchet)

[16Principes 1 et 4 du sommet de la Terre de Rio de Janeiro.

[17DIRECTIVE 2002/96/CE DU PARLEMENT EUROPÉEN ET DU CONSEIL du 27 janvier 2003 relative aux DEEE.

[18DIRECTIVE 2012/19/UE DU PARLEMENT EUROPÉEN ET DU CONSEIL du 4 juillet 2012 relative aux DEEE.

[19Décret n° 2014-928 du 19 août 2014 relatif aux DEEE et aux EEE usagés.

[20Arrêté du 8 octobre 2014 modifiant l’arrêté du 23 novembre 2005 relatif aux modalités de traitement des DEEE.

[21DIY : Fais le toi-même (Do It Yourself)

[22Fonds Social Européen

[23Propos vérifiés au 07/07/2020

[27Attention cependant, ce n’est pas parce que la précarité peut toucher un groupe social que cela est effectif, il n’y a pas de corrélation, mais des spécificités propres.

[28Sonja Eismann, cofondatrice du magazine féministe Missy Magazine https://www.lesinrocks.com/actu/wikipedia-est-il-sexiste-152811-06-05-2020/

[29Un permalien (un mot-valise formé par la contraction linguistique des mots « permanent » et « lien ») est un type d’URL conservant la sélection.

[30Une iframe affiche une partie d’un autre site internet.

[33Le living lab est une méthodologie où citoyens, habitants, usagers sont considérés comme des acteurs clés des processus de recherche et d’innovation.

[34Pays En Développement

[38Substances interdites par la directive RoHS (Restriction of Hazardous Substances). Ce sont des enjeux de santé publique, de santé au travail, d’environnement, climatique et de soutenabilité de l’économie et du développement.

[39Organisation Mondiale de la Santé

[40Fonds des Nations unies pour l’enfance

[42Organisation internationale du travail

[44Programme des Nations Unies pour l’Environnement

[45Organisation non gouvernementale internationale qui se donne pour mission de défendre les droits de l’homme et le respect de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme

[46Personnal Computer ou ordinateur personnel en français

[47Centre communal d’action sociale

[48Centre médico-social

[49Sans domicile fixe

[50Maisons des jeunes et de la culture